1_Tourisme et Durabilité
Le tourisme est la première activité de services du monde ; son poids économique est prépondérant et ne cesse de croître. Le nombre de touristes internationaux était de 80 millions en 1960, 300 millions de personnes en 1980, 450 millions en 1990 et de 700 millions en 2000, et 1,5 milliards en 2020. Le secteur du tourisme aurait généré environ 500 milliard de bénéfice d’euros en 2002 selon l’OMT, représente la 1ère activité de service mondiale, et, est l’une des 3ières industries mondiales. 10% des devises des pays en voies de développement et 5 à 15% des emplois sur terre.
Avec l’arrivée des congés payés, le voyage est devenu des vacances et un acte/produit de consommation comme les autres.
Temps et Moyens sont limités. Création de séjours à l’étranger pour éviter les problèmes de langues et du « tout compris » qui permet de budgétiser sans
surprises, mais confisque une grande part des recettes au profit des "nordistes", qui influent sur la baisse des prix par de nombreuses façons.
« Le voyage qui était une activité de travail sur soi, un moment de développement
personnel, la recherche de l’altérité, s'est transformé en tourisme qui devient un produit de consommation standardisé.
Il est d’autant plus facile de pratiquer des prix bas du fait de la Main d’oeuvre bon marché des pays visités. Son explosion en quantité influence sur les écosystèmes et les sociétés en
développement. » AlterEco.
« Le voyage culturel n’est pas que l’accumulation d’information, mais aussi la capacité à remettre en question sa propre culture.
» Dora Valayer –Transverses.
Les effets externes négatifs du Tourisme classique:
-Expropriation, déplacement des populations (Yucantan,
Birmanie), Le poids du tourisme sur le prix du foncier crée une envolée des prix
sur place, ou est à l’origine de déplacement de population par les autorités locales pour aménager des structures touristiques.
A l’inverse, les différences
de niveaux de vie entre visiteurs et locaux peuvent être un
facteur d’exode vers les zones touristiques, au détriment d’autres activités (agriculture…). Les pourboires et autres rétributions sont souvent largement disproportionnés avec les rémunérations
locales classiques. Dans ce cas, c’est le touriste en tant qu’individu qui peut
être mis en cause.
-Tourisme sexuel, des millions de mineurs étaient dans la prostitution enfantine en 2000.
-La raréfaction des ressources locales et leur
surexploitation, l’exemple de l’eau est consternante : un touriste en France
utilise 3 fois plus d’eau en vacances que chez lui. Il faut aussi savoir qu’un touriste utilise en moyenne, sous les tropiques, 7 à 10 fois plus d’eau que ce qu’un paysan utilise pour
l’agriculture et nourrir sa famille. 1 golf consomme l’eau de 12000 personnes (urbaines).
-Augmentation des conditions de précarités.
Quand on voit en France, les conditions de précarité qu’engendre le Tourisme (contrat saisonniers, exodes, 45%
des saisonniers n’ont qu ‘un jours de repos par semaine, et aucun suivi car pas résidant), on imagine la détresse des pays en voie de développement (surpopulation, hygiène, pression et abus de
toutes sorte).
Dans de nombreux cas, les produits nécessaires à l’accueil des touristes ne sont pas produits localement, leur importation représente une fuite non négligeable dans les
recettes liées au tourisme dans les pays d’accueil. Ainsi, plus l’économie du pays d’accueil est diversifiée, plus ces fuites peuvent être minimisées. Le tourisme profite au riche. Pour se mettre
en adéquation avec la demande mondiale, les pays du Sud ont recours à des produits d’importation, du service d’ingiènerie.
Dans les pays les moins avancé 80% du bénéfice revient au
nordiste, contre 40% pour des destinations un peu plus avancés, comme le Mexique. Mais même au Mexique les 80% des bénéfices sont concentrés entre les mains de très peu d'opérateurs.
Certes l’activité de ces tour-opérateurs génère des emplois sur place, mais il s’agit principalement de main d’oeuvre peu qualifiée.
Détournement de l’argent au profit du bien être touristique, aéroport, route, bus, 4*4, eau potable, électrification.
Destruction des structures sociales, mendicité, exode rural, création de vrai zoo
humain (folklorisation)
Une source de
Pollution croissante ; Selon l’IFEN (1 AR San Fransisco-Paris = 1/4 des déchets a effet de serre annuel d’un français et équivaut à l’utilisation d’une voiture pendant un an).
L’approvisionnement des Aéroports de Paris représente 25 % du total des approvisionnements en hydrocarbure de l’agglomération parisienne.
Enfin, selon votre forme de tourisme, votre contribution à l’enrichissement de vos nouveaux amis est
différente. Un voyageur individuel dépense en moyenne 95$ de produit locaux contre 50$ pour
un voyageur qui a pris un package. Le voyageur individuel représente 10% des voyageurs (Ministère du Tourisme 2004).
2_Les Principes du Tourisme Durable
2.1 La Solidarité :
- Préserver la biodiversité
et le patrimoine bâti en respectant les capacités de charge.
- lutter contre les pollutions (locales) : air, eau, déchets solides, bruit…
- Équitabilité dans les gains,
responsabilités du secteur....
- Respecter la dignité humaine (notamment
opposition au tourisme sexuel) et la diversité des cultures
- contribuer à l’égalité des genres et défendre
les droits des travailleurs locaux
- Mettre en place un processus participatif complet
2.2 Comment réaliser cette ambition dans les pays du sud ?
Très schématiquement, trois voies d’accès au tourisme durable
sont envisageables pour les pays du Sud :
Faire confiance aux capacités d’autorégulation du marché du tourisme ?
C’est croire en l’idée que les multinationales engagées dans le tourisme n’ont pas envie de pérécliter et sont engagées dans des actions de long terme et sont donc sensible à la durabilité (cf groupe Accor -3e rang mondial dans l’hôtellerie-) Mais la réalité nous prouve le contraire. Elle ne s’implique pas dans le développement local et continue à rappatrier sans partage leurs bénéfices».
Compter sur la régulation publique ?
Elle, est soumise à des pressions économique telles, qu’elle n’agit que mal à propos (legislation anti-polluante
comme de protection sociale et de répartition inadéquate) et de façon corrompue.
Mettre en oeuvre des projets de tourisme solidaire ?
C’est intégrer le principe de solidarité au coeur même des processus de production et de consommation touristiques.
C’est le seul processus viable des 3 cités
2_3 Mise en pratique de projets solidaires
(Gilles Caire, Monique Roullet-Caire Forum
International Tourisme Solidaire).
- Territoire limité (1 village en général, parfois 1 fédération de villages, une communauté ethnique)
- L’implantation dans
des zones délaissées par le tourisme marchand, surtout en zones rurales et de montagne, peu en littoral, très rare en
urbain.
- Cogestion pour que les autochtones soient les instigateurs et non les figurants du projet touristique. En retour la participation citoyenne favorise une dynamique de socialisation des
individus et de « solidarisation » de la société. Elle doit intégrer l’ensemble des « parties prenantes » à la production.Bien évidemment, ce processus nécessite du temps (apprentissage) et de la
psychologie (résistance au changement), ainsi que l’institutionnalisation d’un comité de gestion et de suivi. Le touriste est participatif aussi dans l’élaboration de son
voyage.
- Le « geste » du touriste peut prendre des formes différentes. Mais le don « de la main à la main » ou
l’intervention directe sans contrôle des responsables sont exclus.
- refus d’une individualisation totale des
recettes permet la constitution d’un patrimoine commun au service du développement durable: dispensaire, école, coopérative agricole, puits, irrigation, assainissement, caisse de micro-crédit, entretien de l’écosystème…
- La volonté d’un autre mode de
consommation.
- Le « contrat de participation »
triple obligation de donner, recevoir et rendre.
- l’existence
d’organisation-relais (Association-ONG-Village) permetant de s’émanciper des
multinationales du tourisme en proposant un autre accès aux consommateurs du Nord.
- une pleine participation du touriste à la construction du
Voyage à travers les activités de la communauté ;
- une recherche
d’auto-éducationet non du plaisir immédiat ;
- Le tourisme est une activité complémentaire des autres secteurs
économiques. Cela revient à dire qu’il est impossible de faire du tourisme durable isolément. D’une part parce que ce n’est pas le seul village, la seule communauté choisissant de s’impliquer dans un projet touristique, qui va être concerné par cette décision, mais une zone beaucoup plus large qui
de gré ou de force en subira les conséquences, comme par exemple, le risque de pressions inflationnistes.
2.4 voir le tourisme autrement
Le tourisme est très volatile et dès l’apparition d’un problème climatique, politique ou économique le tourisme disparaît
( Népal, Indonésie, Pakistan….).
Le touriste est par définition un élément perturbateur. La
particularité du tourisme est qu’il repose sur le déplacement et la rencontre des individus. Cela conduit inévitablement à une confrontation (positive ou négative) qui sera
d’autant plus grande que les cultures, les modes de vie, les normes sont éloignées les unes des autres. Beaucoup dépendra aussi de l’éducation des touristes ! De plus il est complétement skyzophrène car il désir la sécurité d'un coté, l'aventure de l'autre...
Avec Internet, il fait ses choix de plus en plus à la dernière minute. Peut-être serait-il
bon de rappeler au candidat voyageur que le reste du monde n’est pas immédiatement à sa disposition
(formation)…
Les groupes internationaux de tourisme
(mais aussi des voyagistes de petite taille) ont tendance à récupérer le terme solidaire, comme un alibi ou un argument promotionnel. Tous les grands
opérateurs sont en bourses et contrôlés par des fonds de pensions ou des industriels aux logiques très commerciales.
2.5 il est primordial d’envisager l’activité des voyages non pas comme une finalité mais comme un moyen au sein d’un
processus formatif (en particulier pour les chantiers jeunes)
Le processus éducatif intègre trois étapes essentielles
:
la préparation,
le séjour sur place, l’évaluation et le
suivi.
Aujourd’hui, un plus grand nombre d’organisations du Nord et du Sud intègrent cette réflexion pédagogique dans leur offre de
voyages.
Un voyage solidaire, c’est une étape qui s’inscrit dans une perspective plus globale de solidarité internationale;
ce n’est pas une fin en soi.
Dans son guide « Partir pour être solidaire », Ritimo identifie même quatre temps :
_Quitter un monde familier, une culture, une société connue et son bagage identitaire
_Arriver : passer rapidement d’un monde connu à un monde à découvrir
_Demeurer dans une société différente avec ses forces, faiblesses, doutes, incompréhensions et constructions mentales. Devoir expliquer sa société et apprendre à connaître l’autre.
_Revenir face à sa société et partager son expérience.
« Un visa pour le voyage » du Comité français contre la faim et pour le développement (CCFD) propose un cheminement pour préparer un voyage solidaire :
« Pourquoi partir ?
»
Partir par curiosité touristique, par recherche d’exotisme, pour le soleil et la mer, pour un voyage engagé de tourisme solidaire, partir pour un voyage d’études, partir pour
rencontrer d’autres cultures ; pour échanger, confronter des idées ; pour vivre une expérience professionnelle ; pour donner et pour recevoir ; pour relever un défi ; pour changer de vie ; parce
que l’humanitaire, c’est branché ; pour changer de vie : maintenant ou jamais ; partir au moindre coût... partir avec soi même
"S’interroger sur ce qui pousse à partir" est essentiel : si vous vous trompez, vous avez de fortes chances d’être déçu(e) par le voyage et vous risquez d’en faire supporter les conséquences au pays d’accueil, par votre attitude négative sur place ou par l’image que vous rapporterez de votre lieu de séjour
"Replacer le voyage à l’étranger dans un contexte plus global"
Tout voyage s’inscrit dans une réalité
internationale... c’est l’occasion de découvrir le monde tel qu’il est, d’être confronté à des réalités culturelles, sociales, politiques et économiques, très différentes de celles de son propre
pays d’origine (décalage culturel, mais aussi parfois social et politique : grande pauvreté, injustices). Il s’agit donc de replacer systématiquement le voyage à l’étranger dans un contexte plus global pour mieux connaître et comprendre ce qu’est notre monde aujourd’hui.
"Construire un partenariat"
Le partenariat est une relation dans laquelle au moins deux parties ayant des objectifs compatibles s’entendent pour
travailler au service d’une action commune dans un esprit de réciprocité. Il est important de le pérenniser.
“La rencontre interculturelle”
Préparer, c’est faciliter la rencontre interculturelle en évitant les
pièges des vérités toutes prêtes qui font souvent obstacle à la rencontre... Plutôt que de porter un jugement et considérer abruptement que l’acte de l’autre est irrationnel, il est important
d’essayer de comprendre « mais pourquoi agit-il ainsi ? » ; une attitude indispensable pour rendre possible le dialogue et la rencontre. Nos
vérités, associées à notre culture, n’ont rien d’universel. Nous n’avons pas tous les mêmes valeurs. Celles-ci trouvent leurs explications dans notre histoire, notre
culture.
« La culture d’un groupe social, c’est l’ensemble des réponses qu’il a élaborées au cours de son histoire pour répondre aux défis de son environnement ».
« Elle est la manière structurée de penser, de sentir, de réagir d’un groupe humain, surtout acquise et transmise par des symboles ».
« On ne peut la réduire à de simples coutumes dont on changerait comme de garde robe. Chacune est une organisation sociale, une pensée, une conception de l’homme totalement différentes ».
« Reconnaître cette diversité, c’est reconnaître la nécessité et l’utilité de chacune des cultures »
Il faut donc dépasser ses préjugés en identifiant nos craintes, nos peurs, nos fantasmes face à la différence bien se connaître pour pouvoir découvrir l’autre, sur place, prendre le temps de partager le quotidien et de rendre compte de ses impressions et des émotions...
“Revenir pour continuer”
Ne rentrez pas chez vous comme avant....
Pour que ce projet ne tombe pas aux oubliettes, que ces découvertes, ces rencontres, ces échanges portent leurs fruits, il est utile de poser des jalons. Penser le retour avant le départ, c’est
aussi se dire que ce voyage ne sera pas une anecdote de plus dans sa vie, mais qu’il en sera un événement majeur, constructif. Préparer le
retour signifie mettre toutes les chances de son côté pour réussir à transmettre cette expérience à ceux qui ne sont pas partis, à ceux qui ont financé, soutenu, encadré.
3_
Petit Lexique
Le sociologue Rachid Amirou, dans un article paru dans la revue Ulysse n°107 de mars – avril 2006, annonce l’entrée dans « une ère de citoyenneté globale, les questions d’environnement, de démocratie, de responsabilité, de santé vont devenir centrales. Si aujourd’hui la décision des voyageurs est fondée sur les prix, elle va s’étendre aux critères éthiques… »
Mais quels sont ces critères éthiques ? Qui les définit, qui les contrôle et en assure le suivi ?
Les français adorent définir, mettre dans des cases... ils céent nombre de définitions qui finalement s'entrecroisent. L'une sans un peu des autres n'a aucune raison d'être .
Le Tourisme Alternatif:
• Chercher à se rapprocher des réalités socio-politiques et économiques locales (à partir des années 60, né d’une clientèle de militants soucieux d’instaurer de nouvelles relations avec les populations du Sud en voie d’autonomie)
• Utilisé abusivement par la suite pour désigner simplement de nouveaux produits spécialisés en opposition au tourisme de masse
Le Tourisme Durable
Outil économique, social et écologique, qui dans sa géométrie permet à l’activité touristique de devenir soutenable à long terme.
« Nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants »
• Concept de durabilité
• Allier les aspects sociaux, économiques et environnementaux
Tourisme Responsable
Ce concept se propose de mettre en lumière les mauvaise pratiques de tout à chacun dans un pays qu’il ne connaît pas.
• Ne pas saccager les lieux (être attentif à son impacte sur la nature), ne pas considérer les autochtones comme des animaux de zoo, respecter les moeurs, respecter les coutumes, les religions, les lieux sacrés. …Ne pas pratiquer de tourisme sexuel, Ne pas jeter par les fenêtre de bus, rester calme et courtois comme dans son pays d’origine.
Eco-tourisme
Se propose de prendre en forte considération le respect de la nature et de sa découverte (gestion des déchets / habitat / production bio) et d’éduquer à ces principes.
• Produits touristiques conçus dans une optique d’éducation, de sensibilisation ou d’action globale et/ou communautaire liée à la nature
• Devenu prétexte au développement de produits touristiques « en nature» (4x4, quad…) ou trop spécialisés (découverte voir dérangement de la faune et de la flore au détriment d’une vision globale de l’écologie),
l’Ecotourisme est exploité comme une nouvelle opportunité financière.
Tourisme Rural
Les populations locales proposent le gîte et cela permet de casser les profits des intermédiaires et profite à l’économie locale, à son développement et aux rencontres avec la population locale.
Tourisme Equitable
Le prix du voyage est transparent et permet de mettre à jour la répartition Nord/Sud. Amène à une meilleure répartition et de meilleur salaire.Né de la volonté d’adopter des règles « équitables » par opposition au fonctionnement actuel du marché mondial
• Juste rémunération des producteurs et gestion par les populations locales
• Suppose une organisation cohérente et une maîtrise de toute la chaîne de production.
• Problème: le produit touristique n’est souvent qu’un « accès à », il est presque impossible de maîtriser la traçabilité d’un produit touristique (tout dépend des guides, des touristes eux même…)
Tourisme Solidaire:
Non seulement le logement se fait comme dans le tourisme rural (Chez l’habitant), mais s’associe en plus à des projet de développement locaux dont le tourisme n’est qu’une source de financement (un simple moyen).
Aider les population à se développer et à ne pas être mono-productrice
• Amener le touriste-client à une forme de solidarité concrète avec les populations visitées
Charte
Règles fondamentales d’une organisation officielle ou série d’engagements signés par des personnes ou des structures se reconnaissant dans un texte commun.
Label
Signe de reconnaissance, propriété des pouvoirs publics, attribué après vérification par un certificateur du respect d’un cahier des charges établi par cette même autorité publique. En général, le label sert à garantir la qualité d’un produit.
Certification
Processus de vérification du respect d’un cahier des charges. La certification ne peut être le fait que d’une entité indépendante de celle qui a déterminé le cahier des charges.